1. Eléments de religion.
Quelques auteurs antiques parlent de la religion gauloise…
Lucain, Pharsale, III, 399 sq.
Un sanctuaire gaulois près de Marseille :
« …Il y avait un bois sacré, qui, depuis un âge très reculé, n’avait jamais été profané, il entourait de ses rameaux entrelacés un air ténébreux et des ombres glacées, impénétrables au soleil. Il n’est point occupé par les Pans, habitants des campagnes, les Sylvains maîtres des forêts ou les Nymphes mais par des sanctuaires de dieux aux rites barbares ; des autels sont dressés sur des tertres sinistres et tous les arbres sont purifiés par le sang humain… Les oiseaux craignent de percher sur les branches de ce bois, et les bêtes sauvages de coucher dans les repaires… Ces arbres qui ne présentent leur feuillage à aucune brise inspirent une horreur toute particulière. Une eau abondante tombe des noires fontaines, les mornes statues de dieux sont sans art et se dressent informes, sur des troncs coupés… Déjà la renommée rapportait que des tremblements de terre faisaient mugir le fond des cavernes, que le bois, sans brûler, brillait de la lueur des incendies, que des dragons, enlaçant des troncs, rampaient çà et là. Les peuples n’en approchent pas pour leur rendre leur culte sur place, ils l’ont cédé aux dieux… Le prêtre lui-même en redoute l’accès et craint de surprendre le maître de ce bois... »
Jules-César, Guerre des Gaules, VI, 17 :
«…En tête des dieux, (les Gaulois) honorent Mercure. Ses représentations sont les plus nombreuses, ils le tiennent pour l’inventeur de tous les arts, le chef des routes et des voyages, le grand maître des gains et du commerce. Puis Apollon, Mars, Jupiter et Minerve. Ils pensent à peu près la même chose que les autres peuples Apollon chasse les maladies, Minerve transmet les principes des arts et des métiers, Jupiter règne en maître sur les cieux, Mars préside aux guerres. A ce dernier ils vouent, au début d’une bataille, tout ce qu’ils auront pris une fois vainqueurs ils immolent le butin vivant et entassent tout le reste en un lieu. Chez beaucoup de peuplades on peut voir de ces tas ainsi formés, en des lieux consacrés, avec des dépouilles et il n’est pas arrivé souvent qu’un homme osât, au mépris de la loi religieuse, dissimuler chez lui son butin ou toucher aux offrandes : semblable crime est puni d’une mort terrible dans les tourments.
Tous les Gaulois se prétendent issus de Dis Pater…»
Dieux romains cités par César…
Mercure
C’est au dire de César le plus représenté et le plus honoré des dieux en Gaule : il est certainement l’équivalent de Lug, qui comme Mercure, préside aux arts et aux combats guerriers…
Apollon
Il n’existe pas de dieu gaulois comparable à Apollon, qui, d’après César, chasse les maladies ; mais il y a de nombreuses divinités guérisseuses, comme Sequana, connues par leur lieu de culte.
Mars
Sur de nombreuses inscriptions gallo-romaines, on remarque l’association de deux noms, Mars et Toutatis. Selon Lucain, les Gaulois faisaient des sacrifices humains à ce dieu. Le chaudron de Gundestrup semble représenter un géant (Toutatis ?) plonger un homme dans un chaudron.
Jupiter
On le retrouve dans le dieu Taranis ou Taran, maître du ciel et des combats.
Taran représente le tonnerre.
Un bronze gallo-romain représente un dieu barbu, tenant une rouelle et des esses, symboles celtiques.
Minerve
Aucune déesse gauloise ne paraît lui ressembler.
Quelques dieux gaulois cruels…
Taranis
Dieu de la foudre, Taranis est le maître de l’univers ; c’est un dieu cruel, on lui fait des sacrifices humains. Ses armes sont la foudre et la pluie.
Il est représenté comme un homme barbu, tenant une roue ; il est assimilé
à Jupiter.
Toutatis (Teutatès)
Dieu protecteur de la tribu, c’est un dieu cruel.
Il est comparé à Mars ou à Mercure, et il est assimilé au dieu Ogmios, dieu de la parole.
Son nom signifie tribu, peuple.
Esus.
Dieu cruel et sanguinaire auquel on fait des sacrifices humains : ses victimes
étaient suspendues à une branche, puis saignées.
Il est représenté en bûcheron sur le pilier des Nautes de Lutèce : est-il un dieu
protecteur de la végétation ?
Ou bien le symbole du renouveau du monde ? Son nom signifierait le dieu ou le bon maître.
« Teutatès est apaisé par le sang funeste, le hideux Esus l’est dans des sanctuaires sauvages, Taranis n’est pas plus doux que la Diane scythique… »
(Lucain, Pharsale, I, 444)
Autres dieux…