Celtes et Gaulois






















1. Eléments de religion.



Quelques auteurs antiques parlent de la religion gauloise…


Lucain, Pharsale, III, 399 sq.
Un sanctuaire gaulois près de Marseille :
« …Il y avait un bois sacré, qui, depuis un âge très reculé, n’avait jamais été profané, il entourait de ses rameaux entrelacés un air ténébreux et des ombres glacées, impénétrables au soleil. Il n’est point occupé par les Pans, habitants des campagnes, les Sylvains maîtres des forêts ou les Nymphes mais par des sanctuaires de dieux aux rites barbares ; des autels sont dressés sur des tertres sinistres et tous les arbres sont purifiés par le sang humain… Les oiseaux craignent de percher sur les branches de ce bois, et les bêtes sauvages de coucher dans les repaires… Ces arbres qui ne présentent leur feuillage à aucune brise inspirent une horreur toute particulière. Une eau abondante tombe des noires fontaines, les mornes statues de dieux sont sans art et se dressent informes, sur des troncs coupés… Déjà la renommée rapportait que des tremblements de terre faisaient mugir le fond des cavernes, que le bois, sans brûler, brillait de la lueur des incendies, que des dragons, enlaçant des troncs, rampaient çà et là. Les peuples n’en approchent pas pour leur rendre leur culte sur place, ils l’ont cédé aux dieux… Le prêtre lui-même en redoute l’accès et craint de surprendre le maître de ce bois... »

Jules-César, Guerre des Gaules, VI, 17 :
«…En tête des dieux, (les Gaulois) honorent Mercure. Ses représentations sont les plus nombreuses, ils le tiennent pour l’inventeur de tous les arts, le chef des routes et des voyages, le grand maître des gains et du commerce. Puis Apollon, Mars, Jupiter et Minerve. Ils pensent à peu près la même chose que les autres peuples Apollon chasse les maladies, Minerve transmet les principes des arts et des métiers, Jupiter règne en maître sur les cieux, Mars préside aux guerres. A ce dernier ils vouent, au début d’une bataille, tout ce qu’ils auront pris une fois vainqueurs ils immolent le butin vivant et entassent tout le reste en un lieu. Chez beaucoup de peuplades on peut voir de ces tas ainsi formés, en des lieux consacrés, avec des dépouilles et il n’est pas arrivé souvent qu’un homme osât, au mépris de la loi religieuse, dissimuler chez lui son butin ou toucher aux offrandes : semblable crime est puni d’une mort terrible dans les tourments. Tous les Gaulois se prétendent issus de Dis Pater…»



Dieux romains cités par César…


Mercure
C’est au dire de César le plus représenté et le plus honoré des dieux en Gaule : il est certainement l’équivalent de Lug, qui comme Mercure, préside aux arts et aux combats guerriers…

Apollon
Il n’existe pas de dieu gaulois comparable à Apollon, qui, d’après César, chasse les maladies ; mais il y a de nombreuses divinités guérisseuses, comme Sequana, connues par leur lieu de culte.

Mars
Sur de nombreuses inscriptions gallo-romaines, on remarque l’association de deux noms, Mars et Toutatis. Selon Lucain, les Gaulois faisaient des sacrifices humains à ce dieu. Le chaudron de Gundestrup semble représenter un géant (Toutatis ?) plonger un homme dans un chaudron.

Jupiter
On le retrouve dans le dieu Taranis ou Taran, maître du ciel et des combats. Taran représente le tonnerre.
Un bronze gallo-romain représente un dieu barbu, tenant une rouelle et des esses, symboles celtiques.

Minerve
Aucune déesse gauloise ne paraît lui ressembler.



Quelques dieux gaulois cruels…


Taranis
Dieu de la foudre, Taranis est le maître de l’univers ; c’est un dieu cruel, on lui fait des sacrifices humains. Ses armes sont la foudre et la pluie.
Il est représenté comme un homme barbu, tenant une roue ; il est assimilé à Jupiter.

Toutatis (Teutatès)
Dieu protecteur de la tribu, c’est un dieu cruel.
Il est comparé à Mars ou à Mercure, et il est assimilé au dieu Ogmios, dieu de la parole.
Son nom signifie tribu, peuple.

Esus.
Dieu cruel et sanguinaire auquel on fait des sacrifices humains : ses victimes étaient suspendues à une branche, puis saignées.
Il est représenté en bûcheron sur le pilier des Nautes de Lutèce : est-il un dieu protecteur de la végétation ?
Ou bien le symbole du renouveau du monde ? Son nom signifierait le dieu ou le bon maître.

« Teutatès est apaisé par le sang funeste, le hideux Esus l’est dans des sanctuaires sauvages, Taranis n’est pas plus doux que la Diane scythique… »
(Lucain, Pharsale, I, 444)



Autres dieux…





Cernunnos (Cernunnus, Carnunnos)
C’est le dieu de la virilité, des richesses, des régions boisées, des animaux, de la régénération de la vie : son nom serait un qualificatif, de « carnon », la corne.
Il porte des bois de cerf et un torque ; il est accompagné d’un serpent à tête de bélier et d’un cerf. C’est une divinité typiques du panthéon celtique.
Les druides ont encouragé le culte de Cernunnos , très populaire chez les Celtes.
Sur le pilier des Nautes, il est représenté barbu avec deux torques accrochés à ses bois.



Ogmios
C’est un dieu vêtu d’une peau de lion, il porte une massue, un arc et un carquois.
Il est le dieu de l’éloquence, il est le symbole de la parole rituelle qui unit les hommes et les dieux : c’est en son nom que l’on profère les bénédictions et les malédictions.
Son nom veut dire le conducteur.
Il attire à lui une foule d’hommes attachés par les oreilles.
Il est assimilé à Héraclès et symbolise l’exploit individuel.
« … Dans leur langue maternelle, Les Celtes appellent Héraclès Ogmios… » (Lucien).

Smertrios
C’est le dieu qui supprime les obstacles, qui aplanit les difficultés, « le prévoyant ».
Sur le pilier des Nautes, il est barbu et brandit la massue pour tuer un serpent.
On pense qu’il est l’exterminateur des ennemis naturels de l’homme : pour cette raison, on peut le comparer à Héraclès.



Sucellus
C’est le dieu au maillet, Dis Pater, très représenté sur les stèles gallo-romaines.
Il est représenté barbu, en tunique à capuchon, avec un chien, un tonneau.
On le compare à Jupiter.
Le maillet qu’il porte est la marque de la souveraineté et César fait de lui le père des Gaulois :
« …Tous les Gaulois se prétendent issus de Dis Pater… ».
En langue celte, su veut dire bien, et cellus veut dire frapper : c’est le dieu qui frappe bien, celui qui donne la bonne mort, c’est aussi un bienfaiteur.
Il est associé à Silvain, dieu de la terre et de la forêt.

Epona
C’est une déesse, dont le nom vient d’epos, le cheval, en langue gauloise ; elle est présente en Gaule, sauf en Narbonnaise, et elle a été adoptée par les Romains.
Elle protège les chevaux, les palefreniers, la ferme, mais elle est aussi la déesse des cavaliers, des voyageurs, des conducteurs de chars ; elle conduit les âmes vers l’au-delà.
Elle est représentée le plus souvent sur un cheval, qu’elle monte en amazone.

Rosmerta
C’est la prévoyance, la providence, celle qui fournit ce qui est nécessaire à la vie, comme Smertrios.
Son nom vient de « ro », grand, et de « smertrios », prévoyant.
C’est une femme drapée dans une longue robe, tenant une corne d’abondance.
Elle est souvent associée à Mercure et peut porter le caducée comme lui.
Elle est invoquée pour obtenir la fertilité, la fécondité.

Lug (Lugh)
Dieu celtique d’origine irlandaise, il assume toutes les fonctions.
Son culte s’étend sur toute la Gaule : Lugdunum...



L’intégration des dieux gaulois dans les cités gallo-romaines…


L’assimilation de certains grands dieux gaulois rend possible leur intégration dans la cité gallo-romaine, mais ils gardent leur identité léguée par la tradition.
Le dieu Mars a souvent un qualificatif gaulois et apparaît sous de nombreuses formes :
. Mars Mullo.
Par exemple, Mullo, dieu de l’ouest de la Gaule, devient Mars Mullo sous l’Empire et apparaît comme le dieu protecteur de la cité des Riédons ; on crée alors, comme pour les divinités romaines, la charge de prêtre-flamine du dieu Mullo.
. Lenus Mars.
Dans l’est de la Gaule, le dieu trévire Lenus est naturalisé par les magistrats de Trèves et devient Lenus Mars, dieu de la cité des Trévires.
Les fonctions de ces nouveaux dieux sont de préserver leur cité, mais aussi de garantir le salut de l’empereur.
. Mars Camulus.
Ainsi, dans la cité de Reims, on établit un temple pour le dieu local, Mars Camulus (Champion); mais le culte est établi pour le salut de l’empereur Néron.





Les druides gaulois


Texte extrait de Jules-César, La Guerre des Gaules.
« Partout en Gaule, il y a deux classes d’hommes qui comptent et sont considérés…, l’une est celle des druides, l’autre des chevaliers. Les premiers s’occupent des choses de la religion… Les jeunes gens viennent en foule s’instruire auprès d’eux et on les honore grandement… Ce sont les druides… qui tranchent presque tous les conflits entre Etats ou entre particuliers et, si quelque crime a été commis, s’il y a eu meurtre, si un différend s’est élevé à propos d’héritage ou de délimitation, ce sont eux qui jugent… »

L’origine du mot druide.
On s’est interrogé dès l’Antiquité sur l’origine du mot druide, avec deux hypothèses.
. On rapproche le mot druide du mot grec drus, le chêne, arbre sacré pour les Gaulois. Un texte grec antique parle de druides et de semnotheoi.
. On préfère donner aujourd’hui au mot druide le sens de très savant.






Les auteurs qui ont écrit sur les druides.
. Poséidonios ; auteur grec du 1er siècle avant J.C.
. Strabon : géographe grec du 1er siècle avant J.C.
. Diodore de Sicile : historien grec du 1er siècle avant J.C.
. Jules-César : général romain et conquérant de la Gaule du 1er siècle avant J.C.
. Lucain : poète latin du 1er siècle après J.C.
. Pline l’Ancien et Pomponius Mela: écrivains romains du 1er siècle après J.C.
. Suétone et Tacite : historiens romains du 2ème siècle après J.C.
. Appien : historien grec du 2ème siècle après J.C.
. Diogène Laërce : historien grec du 3ème siècle après J.C.

Les Gaulois et l’écriture.
N’ayant pas d’écriture, les Gaulois utilisent l’alphabet grec pour transcrire leur langue, car ils ont de nombreux contacts avec les Massaliotes.
S’ils se sont servis de l’écriture grecque pour faire du commerce et transcrire leurs comptes financiers, ils s’interdisent l’usage de l’écriture pour ce qui est du domaine religieux et sacré.
« La religion interdit aux druides de confier leur enseignement à l’écriture… », écrit Jules-César.
Nous n’avons donc aucun document écrit sur leur religion ou leurs prêtres.
Seuls les textes d’auteurs grecs ou latins, historiens, géographes, voyageurs, nous renseignent sur les druides, mais souvent ces auteurs donnent une image déformée de la réalité ou bien se laissent emporter par leur imagination.

Les principaux aspects des druides.
La religion enseignée par les druides apparaît vers le 6ème siècle ; les textes qui l’évoquent datent du 3ème siècle et nous apprennent que les druides étaient des sages qui recommandent trois règles de vie : honorer les dieux, ne pas faire le mal, s’exercer à la bravoure.

a. Les druides sont des savants.
A la fois prêtres, spécialistes de religion, maîtres de sagesse, savants possédant des connaissances dans de nombreux domaines (Astronomie, mathématiques, médecine, botanique…), ils interviennent dans la vie politique, l’éducation, la justice.
Pour acquérir ces connaissances dans des domaines aussi variés, il faut beaucoup de temps et César dit que « plus d’un reste vingt ans à l’école… ».
Une fois leurs études terminées, les druides font partie des personnages les plus considérés en Gaule et ils ont droit aux plus grands honneurs.

b. Les druides sont en contact avec les dieux.
Ce sont des intermédiaires entre les hommes et les dieux ; ils interprètent les signes divins et font le lien entre le monde divin et les hommes.
La religion qu’ils enseignent est mal connue ; on pense qu’ils vénèrent des divinités en lien avec la nature.
D’après Diodore, ils croient que « l’âme est immortelle et chaque âme revient à la vie en empruntant un autre corps… ».
D’après Poséidonios, les druides assistent aux sacrifices offerts aux dieux, sans pour autant effectuer les sacrifices eux-mêmes ; cette pratique est laissée aux vates, tandis que les bardes récitent des poèmes.




c. Les druides cueilleurs de gui.
D’après les auteurs grecs et romains, les druides étaient experts en connaissances médicales, mais les détails sont très peu nombreux.
Les Gaulois ont un intérêt particulier pour le gui, plante à fruits blancs qui pousse sur certains arbres, peupliers, pommiers, chênes.
Pline l’Ancien écrit : « Les druides n’ont rien de plus sacré que le gui… Ils pensent que la boisson tirée de la plante donne la fécondité à tous les animaux stériles, qu’il est un remède contre tous les poisons… ».
Pline raconte aussi comment les druides cueillaient le gui : «…après avoir préparé au pied de l’arbre le sacrifice et le repas religieux, ils amènent deux taureaux de couleur blanche… Un prêtre monte dans l’arbre et, avec une serpe en or, il coupe le gui… ».

La fin des druides.
Après la conquête de la Gaule, les Romains réorganisent la pays en créant plusieurs provinces. Les empereurs Auguste et Tibère essaient de limiter le druidisme, qui est totalement interdit par l’empereur Claude.
Pour justifier l’interdiction, on dit que les druides pratiquent des sacrifices humains, affirmation mise en doute par les historiens et les archéologues ; en fait, l’interdiction permet d’éliminer une influence qui menace l’autorité romaine.
D’après Pomponius Mela, certains druides continuent à transmettre leurs connaissances « en secret, soit dans une grotte, soit dans des vallons écartés ».

Un druide célèbre.
Diviciacos est le seul druide gaulois dont le nom nous soit connu.
Né vers 100 avant J.C., il fait partie du peuple des Eduens.
Parti à Rome vers 60, il prononce un discours devant le sénat romain pour demander une aide militaire pour son peuple attaqué par les Germains.
César apprécie Diviciacos pour son dévouement au peuple romain et ses qualités de droiture, de fidélité, de modération : Guerre des Gaules, I, 19.

















2. Vie rurale en Gaule pendant l'Age du Fer.



Fermes.

César mentionne à plusieurs reprises le mot aedificium, traduit le plus souvent par ferme, mais ce mot désigne des formes d’habitat différentes.
Caractéristiques des fermes gauloises :
. Densité importante : la photographie aérienne a contribué à la découverte de ces habitats, qui apparaissent plus nombreux dans certaines régions, mais la densité des exploitations agricoles est très forte.
. Installation dans des lieux variés : majoritairement installées dans les fonds de vallée jusqu’au 3ème siècle, les fermes se développent ensuite partout.
. Aspect : les exploitations se présentent sous la forme d’enclos, avec fossés et palissade ; les enclos domestiques sont les plus fouillés ; la forêt joue un rôle très important, elle fournit le bois à l’usage très fréquent et elle est en constant recul.
. Types de fermes : le statut social des occupants est défini par les aménagements de la maison, les parures, l’armement, l’alimentation ; selon ces critères, on délimite un découpage en quatre classes de fermes.
- Type 1 : la ferme est occupée en entier par des fermiers aristocrates ; elle possède un large fossé et profond, l’accès se fait par un porche étroit.
- Type 2 : la ferme a des fossés moins imposants, et la maison du maître et de ses serviteurs se trouvent dans le même enclos.
- Type 3 : plus fréquente que les types précédents, la ferme a des fossés moins larges et peu profonds, l’alimentation carnée est moins importante.
- Type 4 : c’est une ferme satellite ou de fermiers pauvres, au mobilier rare.


Productions animales.

L’élevage est aux dires des auteurs grecs et latins l’un des piliers de l’économie gauloise.
Jusqu’au 1er siècle av. J.C., les bœufs et les chevaux ont une taille réduite, puis ils se développent sous l’effet des travaux des agronomes.
La reconstitution des cheptels est très délicate, car on n’a pas trouvé à ce jour de restes de troupeaux complets.
Les animaux fournissent une foule de services et de produits: laine, lait, peau, viande, traction, chaleur…



. La chasse.
Le gibier occupe une place restreinte dans l’alimentation des fermiers gaulois : lièvre, sanglier…
La découverte d’ossements de cerfs, chevreuils, sangliers révèle la présence de résidences privilégiées d’aristocrates, qui détiennent le contrôle de la chasse.

. La basse-cour.
Les restes de volaille sont rares, à cause de la présence des chiens et des porcs. Animaux : coqs, poules, oies, canards.


Stockage alimentaire.

Les populations de l’Age du Fer ont plusieurs moyens de stockage des denrées alimentaires.

. Le silo souterrain.
Il est utilisé pour le stockage des végétaux, surtout des céréales.
Les silos sont des fosses creusées dans le sol, fermées hermétiquement avec de l’argile ; le grain consomme l’oxygène et rejette le gaz carbonique, formant une croûte protectrice au contact des parois. L’ensemble assure une très bonne conservation.
Les silos ont en moyenne 1,40 m. de profondeur, les plus grands peuvent stocker jusqu’à 9 tonnes de céréales (12 m3).
Morphologie des silos : tronconique, cylindrique, piriforme, discoïde.

. Le grenier surélevé.
Il est très utilisé dans la moitié nord de la France.
C’est un édifice indépendant de l’habitation, construit sur pilotis, avec quatre poteaux en moyenne.
Surface moyenne : 6 m2.
Le stockage en grenier permet d’avoir un meilleur accès aux céréales et on peut stocker plus de produits, viande séchée, fruits…, à même le sol ou dans des contenants, poteries, vanneries… Le fond de cabane ou la cave.
Ils sont surtout utilisés dans les oppida, à la fin de l’Age du fer.
Fond de cabane : fosse rectangulaire à fond plat.
Cave : fosse carrée plus profonde, accessible avec une échelle ou un escalier.
Le stockage s’effectue dans d’autres contenants, dans des conditions de température et d’humidité stables.

. Les poteries.
La céramique de stockage est très utilisée pendant l’Age du Fer.
Les volumes atteignent 40 à 120 litres.




Les vases de stockage sont localisés dans les habitations pour la conservation des denrées destinées à être consommées rapidement, ou dans des greniers surélevés.
On y stocke des denrées aussi bien liquides que solides.

. Les récipients en matériaux périssables.
Ils sont rarement conservés sur les sites archéologiques et leur place est probablement secondaire.















3. L'oppidum d'Ensérune.



A. Quelques renseignements sur l'oppidum.
B. Quelques vestiges (Source : M.Schwaller, Ensérune).



A. Quelques renseignements sur l’oppidum d’Ensérune (Hérault).



Origine du mot Ensérune.


Le mot Ensérune vient de Anseduna, mentionné pour la 1ère fois en 899, formé de deux mots gaulois :
. Anto : limite, extrémité, site élevé (Anglais end ?).
. Dun : site fortifié.
Autres formes : Amseduna (958), Anseruna, Amsezuna, Anseüne.
Le suffixe gaulois -dun, latinisé en -dunum, désigne un site fortifié.
Exemples de villes romaines : Lugdunum (Lyon), Augustodunum (Autun), Segodunum (Rodez), Uxellodunum, Crodunum…
De nombreux toponymes français ont conservé le suffixe –dun : Verdun, Châteaudun, Loudun, Laudun, Issoudun, Autun, Meudon, Anseduna…


Origine du mot oppidum.

Le mot oppidum est un mot latin, qui devient au pluriel oppida.
Etymologie :
. Peut-être ob-pedum, transcrit du grec pedon, la plaine, au-dessus de la plaine.
. Peut-être le suffixe gaulois -dun, site fortifié.
L’oppidum désigne un habitat fortifié, souvent en hauteur, caractéristique de la civilisation celte ou gauloise.


Situation géographique.

Le site se trouve en bordure de la Via Domitia, sur la route allant d’Espagne en Italie, à égale distance des cités romaines de Baeterrae et de Narbo.
L’oppidum a une forme allongée d’ouest en est.

Carte.





Epoque gauloise.

L’oppidum désigne une forme d’habitat en hauteur, caractéristique de la période celtique.
Le site est occupé à partir du 6ème siècle avant notre ère, et on distingue, par la datation de la céramique, trois phases d’occupation.

Phase 1 : 6ème-5ème siècle avant notre ère.

Une occupation humaine est attestée sur le site, au sommet du plateau et sur la partie nord.
Les habitations sont des cabanes à pièce unique ; les murs sont en pisé, mélange d’argile et de paille, les toitures sont faites de branchages et d’argile.
Il ne reste rien de ce premier stade d’occupation, hormis la céramique et les silos, creusés dans la roche, qui servent à stocker les céréales.
Les tessons de céramique les plus anciens sont d’origine étrusque (Italie) ou grecque, mais la majorité de la production est d’origine locale.

Phase 2 : 5ème-3ème siècle avant notre ère.

L’habitat reste concentré au nord et à l’est, mais la ville s’organise : . Construction d’un rempart.
. Aménagement de rues délimitant des quartiers.
. Organisation des maisons en îlots.
. Remplacement des silos par les dolia, grandes jarres en terre cuite.
. Remplacement de la céramique locale par la céramique d’origine ibérique.
Vers le 3ème siècle, l’influence grecque, qui s’exerce par l’intermédiaire de la ville de Massalia (Marseille) et de ses colonies (Agde, Ampurias), se manifeste par l’abondance de la céramique (Amphores vinaires notamment) et par la présence de pièces de monnaies massaliotes.
Pratiques funéraires.
On pratique en règle générale l’incinération avec offrande d’objets ou de nourriture.
Une nécropole est construite sur la partie ouest à environ 400 mètres des zones habitées.
Les défunts sont incinérés sur l’ustrinum (Bûcher) et les cendres sont recueillies dans une urne, placée ensuite dans une fosse ; on pose à côté des récipients contenant de la nourriture, du lait, du vin. Les tombes d’hommes adultes contiennent les armes du défunt.
La nécropole est abandonnée à la fin du 3ème siècle avant notre ère.

Phase 3 : 3ème siècle avant notre ère au 1er siècle de notre ère.

La structure de l’habitat se modifie pour des raisons inconnues, peut-être l’installation de Celtes.
La ville s’agrandit au-delà du rempart primitif et occupe toute la colline : un deuxième rempart entoure la colline en incluant l’ancienne zone funéraire, sur laquelle on construit un nouveau quartier d’habitation, marqué par l’influence architecturale grecque ou italique.
L’influence des techniques d’urbanisme romain se perçoit dans la construction de grandes citernes pour résoudre le problème de l’alimentation en eau.
La céramique d’origine locale disparaît et est remplacée par la céramique d’importation italienne, notamment la céramique sigillée d’Arezzo, ou la céramique sigillée originaire de la Gaule du sud.
Les inscriptions des monnaies sont rédigées en langue ibérique et le latin, langue des nouveaux maîtres de la Gaule, semble avoir du mal à s’imposer avant le 1er siècle.
On ne trouve à Ensérune aucun monument public ni aucun édifice cultuel, montrant que la ville n’est pas romanisée et reste le siège d’une tribu gauloise.


Epoque romaine.

Comme tous les oppida de la Gaule à la même époque, le site est progressivement abandonné au début du 1er siècle de notre ère, car la Gaule du Sud ou Narbonnaise est une province pacifiée et l’habitat sur un site fortifié ne se justifie plus.
Les habitants pour un nouveau mode d’organisation, celui des villae de plaine qui offrent de meilleures conditions de vie.
On n’a aucune mention du site chez les géographes anciens du début de notre ère: Strabon, Pline l’Ancien, Pomponius Mela, qui énumèrent toutes les villes de la région n’en parlent pas ; aucune mention non plus dans César.


Témoignages.

Cicéron, avocat, orateur, philosophe, écrivain, homme politique romain adversaire de César, nous a laissé de nombreux discours prononcés au forum pour défendre certains de ses clients.
Dans son discours Pro Fonteio, il défend Fonteius, ancien gouverneur de Gaule Transalpine dans les années –70, l’un des prédécesseurs de César à ce poste.
Le propréteur Fonteius est accusé par ses administrés gaulois d’avoir détourné de l’argent et d’avoir lourdement et injustement taxé les Gaulois de Transalpine.

1ère accusation en rapport avec la Via Domitia (VIII, 18-19).
Fonteius aurait négligé de réparer la Via Domitia, qualifiée de route d’intérêt public.

2ème accusation en rapport avec le vin (IX, 19-20).
Fonteius aurait institué une taxe sur les vins qui quittaient le territoire de sa province : un péage aurait été installé à Segodunum (Rodez), en limite de la province de Gaule Transalpine.

Jugement sur les Gaulois (X, 21-32).

Pour Cicéron, les Gaulois sont des menteurs, passionnés, irrités, ils s’entendent pour mentir, ils sont affranchis de tout scrupule, ce sont des barbares, ils pratiquent des sacrifices humains…




B. Quelques vestiges.


La borne milliaire reconstituée.

Les milliaires sont des bornes installées sur les routes romaines, tous les mille pas ; elles sont dédiées aux magistrats puis plus tard aux empereurs qui ont fait ou refait la route.
La borne du Malpas est dédiée à l’empereur Tibère, successeur d’Auguste, et elle énumère l’ensemble de ses titres.



La borne se trouve à l’endroit supposé où passait la Via Domitia, au pied de l’oppidum.
La voie allait en droite ligne vers la cité de Baeterra (Direction est) ou vers la cité de Narbo (Direction ouest).



La terrasse des silos.

On a retrouvé 72 silos sur une terrasse située au-dessous de l’oppidum, au nord-est, dont certains ont jusqu’à 3 mètres de profondeur.


C’est une zone de stockage collectif d’aliments, probablement des grains réservés aux échanges commerciaux et à la consommation des habitants.
Des ossements humains ont été retrouvés dans quelques silos.



Le rempart sud-est.

Les vestiges sont visibles à droite du chemin d’accès longeant les terrasses sud de l’oppidum.
On voit un tronçon de mur en grand appareil, vestige du rempart de la 2ème époque, contre lequel on a adossé des habitations postérieures.





L’îlot I (Station 9).

Il est recouvert par l’actuel musée.
Dans l’allée menant au musée, on peut voir :
. Un sarcophage du 6ème siècle de notre ère provenant du hameau de Périès.
. Des bases de colonnes et des éléments moulurés provenant du site même.



Les îlots II, III, IV (Station 10).

Ce sont les quartiers sud, avec des maisons à pièce unique situées le long d’une rue.



Les îlots V et VI (Station 1, 2, 3).

Ce sont les quartiers du versant nord, qui se développent sur près de 250 mètres.
Le mur d’enceinte de la 2ème période de la ville est bien conservé : d’une largeur de 2 à 3 mètres, il est construit en appareil cyclopéen, avec de gros blocs de pierre liés avec de la terre.
Une poterne permet de communiquer avec la source située au bas de l’oppidum.



Les îlots VIII et IX (Station 4).

Ils se trouvent en contrebas du sommet du plateau, au-delà d’un mur d’enceinte en grand appareil, qui emprunte probablement le tracé du mur d’enceinte du 4ème siècle.



L’îlot XII (Station 5).

C’est un ensemble de constructions et de silos (Environ 40 silos, dont le plus profond a environ 5 mètres de profondeur), entre le plateau supérieur et la nécropole.
Un vestige d’édifice cultuel subsiste sous forme d’un angle en grand appareil ; sa façade longe une rue qui monte vers l’ouest.
Au sud de l’îlot, une pièce mosaïquée pourrait être un triclinium (Epoque de Tibère).



Les îlots VII, X, XI (Stations 6 et 7).

Sur la partie ouest du plateau, un quartier d’habitations s’est superposé à la nécropole de la 2ème période.
Peu de choses sont visibles de la nécropole :
. Les fosses sont creusées dans la roche.
. Au centre du quartier subsiste l’ustrinum (Bûcher).
. Le mobilier funéraire est présenté au premier étage du musée.
La nécropole a été abandonnée au 3ème siècle et recouverte par un quartier d’habitations.
Le quartier d’habitations comporte :
. Deux rues ouest-est.
. Des maisons de type italique, dont une maison de dix pièces avec impluvium.
. Des maisons à péristyle.
. Des stèles funéraires sont regroupées contre le rempart nord.















5. Eléments de linguistique: de l’indo-européen au gaulois.


1. La structure du nom indo-européen.

Le mot indo-européen s’analyse en : racine + suffixe + désinence.

a. La désinence.
Les relations grammaticales et les catégories morphologiques sont indiquées par une désinence, verbale ou nominale.

b. Le suffixe.
C’est un procédé très employé dans la formation des mots et dans la flexion verbale. Dans le nom pater, on reconnaît le suffixe -ter, comme dans mater, frater, semblable au suffixe des noms d’agent.

c. La racine.
Les recherches de Benveniste ont permis de déterminer la structure de la racine indo-européenne : c’est une racine bilitère, avec alternance vocalique, CVC, consonne-voyelle-consonne ; la voyelle peut être e, o, ou zéro ; ce sont les trois degrés de la racine.
Exemple : la racine *bher- porter.
Un même temps de verbe peut avoir les trois degrés : verbe grec oida, avec racine *w-y et suffixe -d.
Dans la racine suffixée, les deux éléments peuvent connaître l’alternance vocalique, mais les deux éléments ne peuvent pas être au degré plein en même temps.

d. La laryngale indo-européenne.
Les voyelles longues sont produites par une laryngale de l’indo-européen archaïque, appelée schwa: Ha, He, Ho.
En celtique, la vocalisation des trois schwas donne toujours a bref.


2. Les langues celtiques.

a. Classification.
Dans la famille des langues indo-européennes, les langues celtiques comprennent deux groupes:
. Le celtique continental (Celtibère, gaulois, lépontique), pendant la période antique.
. Le celtique insulaire, pendant la période médiévale et moderne, qui se subdivise en deux groupes : Brittonique : gallois, cornique, breton.
Gaélique ou goïdélique : gaélique irlandais, écossais, mannois.

b. Résumé.
Quelques points sont à retenir :
. Ces langues sont issues du vieux-celtique, une branche maîtresse de l’indo-européen.
. Le vieux-celtique est en usage au 3ème millénaire dans le centre de l’Europe et il se répand en occident à la fin de l’âge du bronze.
. Une communauté italo-celtique semble avoir existé, puis il y a une scission entre le vieux-celtique et l’ancêtre des langues latines, qui évoluent chacun séparément.
. Il y a discontinuité entre le celtique continental et le celtique insulaire, attestés pour des périodes différentes.
. On pense actuellement que le gaulois et le brittonique ancien sont très proches, et constituent peut-être un dialecte commun.
. Les traits caractéristiques du celtique commun.
Il y a deux traitements caractéristiques communs aux dialectes celtiques : . Chute du *p- indo-européen.
*pH-ter>pater, mais gaul. atrebo.
. Labialisation de *gw- en b-.
*gwi-wos>vivus, mais gaul. bitu-
*gwona>grec gunê, mais gaul. bnanom

c. Le lien entre le celtique insulaire et le celtique continental.
Le rapport entre les deux langues est compliqué par deux facteurs :
. Il n’y a aucune coïncidence de temps ni de lieu entre les deux langues.
. Le celtique continental comprend des dialectes différents, ce qui est resté méconnu pendant longtemps.
Après des hypothèses diverses, on pense actuellement que le gaulois et le brittonique sont deux langues proches ; le document trouvé sur le Larzac met en évidence la même évolution de certaines consonnes.
Toutefois la Tuile de Châteaubleau fournit des données contradictoires.


3. Le gaulois.

a. Dialectes gaulois.
L’idée de dialectes gaulois ne s’appuie pas sur des preuves solides à l’heure actuelle.
La seule variation importante est la conservation de -kw dans quelques mots comme Sequana, equos ; les variations graphiques d’une même forme peuvent s’expliquer par d’autres raisons que des divergences dialectales ou l’évolution phonétique.

b. La langue gauloise.
On note une étroite parenté entre latin et gaulois : termes communs, terminaisons communes…, ce qui peut expliquer pourquoi les Gaulois ont si vite abandonné leur langue pour le latin.
A l’époque de la conquête romaine, l’unité linguistique des Celtes n’existe plus, la langue continentale et la langue insulaire sont différentes, et de plus, il n’y a pas de preuve que le gaulois ait eu en commun avec les langues celtiques insulaires leurs traits les plus originaux.
Toutefois certains textes présentent des ressemblances avec le brittonique ou le gaélique : mutation de consonnes, modification de voyelles, formes triples de pronoms personnels…
Au moment de la conquête romaine, le gaulois est la seule langue celtique continentale parlée et il disparaît après cinq siècles de domination romaine en laissant des milliers de toponymes, mais très peu de vocabulaire courant.
La langue gauloise a laissé des influences dans la langue française:
. Sur la phonétique : son u, diphtongues...
. Sur la syntaxe : caractère analytique du verbe, particules démonstratives…
. Sur la numération par vingt.
















5. Petit lexique gaulois.


A

Abalo, aballo: pomme, pommier
Abona, abu: rivière
Acros : haut
Ades : pied
Adgarios : accusateur
Adsagsona : atteignante, intercédante
Adsedo, assedo : résident
Aedrini : 11ème mois de l’année
Ago : combat
Agro : massacre
Aidu : feu, ardeur
Alauda : alouette
Alaunos : nourricier ou nomade
Albos, albios : monde d’en-haut
Alisia : rocher
Allobrog : étranger
Allos : autre, deuxième
Ambactos : envoyé, serviteur
Ambe : rivière
Ambi : autour
Anagantio : 4ème mois de l’année
Ande, ande, ando : très
Andedios : inférieur
Anderos : inférieur, infernal
Andogna : indigène
Anman : nom
Anto : borne
Anuan : nom
Appisetu : qu’il voie
Aramo : doux
Arausio : tempe, joue
Arduo : haut
Are : devant, près de
Arganton : argent
Argio : blanc, brillant
Argos : héros
Artos : ours
Ate : re
Ater : père
Atrebat : habitant, propriétaire
Atta : père nourricier
Ava : petite-fille
Avantia, aventia : rivière
Auuot : a fait
Ausi : oreille
Autagis : bordereau
Axat : qu’il emmène


B

Bagauda : combattant
Ballos : membre
Balma : grotte
Banna, benna : pointe, sommet
Bardos : barde, poète
Barnaunom : juge
Barros : tête
Belisama : très puissante
Belo, bello : puissant
Bena, bano : femme
Bitu : monde
Bivo : vivant
Blando : doux
Blato : fleur
Bo, bou : bœuf
Bogios : briseur, pourfendeur
Boios : frappeur, terrible
Bona : village
Boruo, bormo : source chaude
Boudi : victoire
Branos : corbeau
Brater : frère
Bratu : gratitude, vœu
Briga : colline, fortin
Brigo : force
Briva : pont
Brixta : magie
Brogi : territoire, région
Brogilos : petit bois
Budina : troupe
Bunda : sol, fond
Buta : hutte



C

Caballos : cheval
Caddos : saint
Caito : bois
Cambo : courbe, méandre
Cammano : chemin
Camulos : servant, champion
Cantlos : 12ème mois de l’ann
ée Canto : cent
Caracalla : sorte de cape
Carbanton : char à deux roues
Carnon : corne, trompe
Caros : cher, aimable
Carros : chariot
Casidanos : magistrat monétaire
Cateia : projectile
Catu : bataille
Cavaros : héros
Celicnon : salle de banquet
Cellos : marteau
Cingeto : guerrier
Cintus : premier
Cladio : épée
Clunia : prairie
Clutos : célèbre
Cobo : victoire
Condate : confluent
Contoutos : compatriote
Corio : armée, troupe
Couinnos : char de guerre
Coxo : jambe, pied
Crouco : monticule
Cumba : vallée
Cuno : chien
Curmi : bière
Cutios : 6ème mois de l’année


D

Dagos : bon
Damos : vache, cerf
Danos : magistrat, curateur
Darios : agitation
Decam : dix
Decametos : dixième
Decantem : dîme? en accomplissement de?
Dede : a offert
Delgu : je contiens
Depro : nourriture
Derco : œil
Devogdonioi : les dieux et les hommes
Devos : dieu
Dexsiuo : à droite
Diiiuion : divins
Divic : vaincre
Dona : femme ?
Donicon : humain
Donno : noble
Druis : druide
Druna : rapide, vigoureuse
Drungos : troupe militaire
Drutos : fort
Du : mauvais
Dubnos, dumnos : profond, ténébreux, monde d’en bas
Dubron : eau
Dubus : noir
Duci : et, avec
Dumanios : 2ème mois de l’année
Dumio : colline
Dunon : mont, enceinte fortifiée
Duorico : portique
Durnos : poing
Duron : porte, place, marché
Dus : mauvais
Duxtir : fille


E

Eburos : if
Eia : elle
Elembiuos : 10ème mois de l’année
Eluo : nombreux ?
Enata : engendrée
Eporedo : cavalier
Epos : cheval
Equoranda : limite territoriale
Equos : 9ème mois de l’année
Ercunia : forê
Eri : autour
Essedon : char
Eti : encore, et
Etno : oiseau
Etu : prairie
Eurises : dédicants
Excingo : attaquant
Exiat : il sort
Exobnos : hardi
Exops : aveugle


F

Frogna : nez
Fruta : torrent


G

Gabalos : fourche
Gabi : prends
Gabros : chèvre
Gaiso : javelot, lance
Galba : gras
Garanus : grue
Gargo : féroce
Gdonios : homme
Genaua : embouchure
Geneta : jeune fille
Genos : famille
Giamonios :7ème mois de l’année
Glanna : rive
Gnatos : fils
Gortia : haie, enclos
Gutuatir : prêtre


I

Iaccos : sain
Iago : glace
Ialon : village
Iaros : poulet
Ieuru : il a offert, dédié
Immi : je suis
Imon : mon
Iovincos : jeune
Isara : impétueuse, rapide
Isarnon : fer
Ison : cela
Iugo : joug


L

Labaro, labro : bavard, sonore
Lancia : lance, pique
Landa : lande
Lano : plein, plaine
Late : marais
Latis : héros
Lautron : bain
Leuca, leuga : lieue
Leucos : brillant
Limeon : poison à flèche
Lindon : liquide
Ling : sauter
Linna : manteau
Lissos : cour, palais
Litanos : large
Locu : lac
Loga, longa : tombe, urne
Longo : navire
Lubi : aime
Luco : loup
Luto, lutevo : marécageux
Lucterios : lutteur
Luxtos : charge


M

Magalo : prince
Mageto : puissant
Magio : grand
Magos : champ, marché
Magus : enfant, servant
Mantalon : chemin, route
Mapo : fils, garçon
Matir : mère
Marcos : cheval
Maros : grand
Matir : mère
Mediolanon :plein centre
Medios : central
Melissos :doux
Meros : fou, agité
Mesco : ivre
Miletu : destruction
Mori : mer
Moto, motu : homme


N

Namanto : ennemi
Nametos : neuvième
Nantu, nanto : ruisseau, val
Nata : fille
Nauson : navire
Neddamos : suivant, prochain
Nemeton : sanctuaire
Nemaliiumi : je célèbre ?
Nemos : ciel
Nerto : force, vigueur
Nitio : d’ici
Nouiios : nouveau
Noxt : nuit
Nu : maintenant


O

Ocelo : pointe, promontoire
Od : sentir
Ogmios : conducteur
Ogronios : 5ème mois de l’année
Oino : un, unique
Olca : terrain labourable
Onda : cette
Onno : fleuve
Orbios : héritier
Orgeno : meurtre
Orgeto : tueur
Ostimios : dernier
Oui : mouton
Oxtu : huit
Oxtumetos : huitième


P

Papos : chaque
Pelignos : étranger
Pempe : cinq
Pinpetos : cinquième
Penno : tête, extrémité
Petame : je demande
Petrudecametos quatorzième
Petuar : quatre
Petuarios : quatrième
Ponc : quand
Prenno : arbre
Pritios : poète


R

Rate : rempart
Ratis : fougère
Rectu, rextu : droit, loi
Redo : aller à cheval, voyager
Remos : premier, prince
Renos : rivière
Rica : sillon
Rigani : reine
Ritu : gué
Ritu, rito : course
Riuros : 3ème mois de l’année
Rix : roi
Ro : très, trop
Roto : roue, course
Roudos : rouge
Rusca : ruche


S

Sacro : maudit
Sag : rechercher
Samo : été
Samonios : 1er mois de l’année Se, so, san : ce, cette
Sedlon, sessa : siège
Sego : victoire, force
Senos : vieux
Sentu : chemin
Sepanios : disciple, suiveur
Serra : serpe, faux
Sextametos : septième
Sextan : sept
Simivisonna :8ème mois de l’année
Sinde : ceci
Sindiu : aujourd’hui
Slougo :troupe
Smero, smerto : prévoyant
Soldurio : garde du corps
Sonnocingos : année ?
Sosin : ceci
Sounos : sommeil
Srogna : nez
Su : bon, bien
Succos :porc
Suexs : six
Suexos : sixième
Suior : sœur
Sulevia : bonne conductrice


T

Talu : front
Tanco : paix
Tanno : chêne
Taranus : orage
Taro : qui traverse
Taruos : taureau
Tecto : bien, possession
Tessi, teno : feu, chaleur
Teuta, touta : tribu
Tigerno : seigneur
Toni : aussi
Torco : collier
Tougi : hache
Toutios : citoyen
Treb : habitation
Trevero : passeur
Trexso : vainqueur
Tri : trois
Tricontis :trente
Trimarkisia : groupe de trois cavaliers
Tritos : troisième
Trugna : nez
Tussos : cuisson, fournée


U

Ualos: souverain
Uanos : tueur
Uassos : serviteur
Uati : devin
Uecti : raid
Uediiumi : je prie, j’invoque
Uellaunos : commandant
Ueior : je veux
Uenet : apparenté, marchand
Uepos : parole
Uer : super, suprême
Ueredos : cheval
Uergobretos : juge, magistrat
Uerna : aulne
Uic : combattant
Uid : connaissance, savoir
Uidla : magicienne
Uidu : arbre, bois
Uimpos : joli
Uindos : blanc, heureux
Uiros : homme
Ulatos : prince
Unna : eau
Uolcos : faucon
Uolto : chevelure
Uoreto : secours
Urito : trouvé
Uxedios : supérieur
Uxellos : élevé